De Tarbes aux gratte-ciels de New York, Cédrik Fouriscot a troqué les sommets des Pyrénées contre ceux de Manhattan. À la tête du consulat général de France depuis juin 2024, ce diplomate de carrière incarne une certaine idée de la France à l’étranger : sérieuse dans ses missions, mais pas nécessairement coincée dans le protocole.
De Tarbes à New York, il n’y a qu’un monde
Il y a des parcours qui ressemblent à des itinéraires de vacances. Et puis il y a ceux qui traversent l’Europe, les ministères et les chancelleries avant de s’établir – provisoirement – au cœur même de Manhattan.
Né le 30 août 1977 à Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées, Cédrik Fouriscot appartient à cette seconde catégorie.
Entre ses montagnes du Sud-Ouest et les gratte-ciels new-yorkais, le décor a radicalement changé. Mais le principe reste le même : prendre de la hauteur.
Ancien élève du lycée Théophile-Gautier, diplômé de Sciences Po Toulouse, il choisit très tôt les affaires internationales. Direction la diplomatie, ses négociations interminables, ses dossiers sensibles et ses réunions où le choix d’un adjectif peut parfois mobiliser deux nuits et trois délégations.
Bruxelles, Paris, Chypre : les coulisses du pouvoir
Sa carrière le conduit d’abord à Chypre, où il exerce des fonctions consulaires, avant de rejoindre le ministère des Affaires étrangères à Paris.
Puis vient Bruxelles, capitale européenne où l’on négocie beaucoup, où l’on déjeune parfois, et où les compromis peuvent demander davantage de patience qu’un embouteillage sur le périphérique parisien.
Cédrik Fouriscot y travaille sur des dossiers stratégiques : relations avec le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord, sécurité et défense européennes.
Il poursuit ensuite son parcours au sein du Quai d’Orsay, puis dans l’entourage de responsables gouvernementaux chargés de la diplomatie et des affaires européennes.
Autrement dit, avant de représenter la France à New York, l’homme a eu le temps d’apprendre une règle fondamentale du métier : en diplomatie, mieux vaut choisir ses mots avant que les autres ne les choisissent pour vous. On ne rappellera pas ici les mauvais souvenirs laissés par un lointain consul, Guy Yelda, qui avait été remercié sous pression des associations new-yorkaises le trouvant trop clivant.
Une autre manière de représenter la France, baskets aux pieds
Voici donc deux ans et demi, Cédrik Fouriscot prend ses fonctions de consul général de France à New York. Il entend que sa mission y dépasse largement les cocktails, petits fours et autres Rochers Ferrero, ainsi que les poignées de main devant les drapeaux. Pour bien montrer qu’il a le savoir-faire, il se fait aider d’un service communication afin de le faire-savoir…en y adjoignant, en cas de besoin, sa compagne, journaliste improvisée, pour arrondir les angles.
Pour lui le consulat est d’abord un service public pour les Français installés dans sa circonscription : documents administratifs, état civil, démarches consulaires, accompagnement des compatriotes confrontés à certaines difficultés.
Mais le consul général joue aussi un rôle de représentation et de rayonnement.
Entrepreneurs, artistes, chercheurs, étudiants, associations : la présence française à New York ne se résume pas aux boulangeries de Manhattan… ni aux restaurants où l’on sert un croissant au prix d’un déjeuner parisien.
C’est tout un écosystème économique, culturel et scientifique dont le consulat constitue l’un des points de rencontre.
Une diplomatie qui doit aussi savoir écouter
À New York, les Français n’ont pas tous le même profil. Il y a ceux qui dirigent des entreprises, ceux qui cherchent leur premier emploi, ceux qui élèvent leurs enfants entre deux cultures et ceux qui découvrent que les formalités administratives ne disparaissent pas simplement parce qu’on a traversé l’Atlantique.
Le défi d’un consul général consiste donc à parler à tout ce monde, avec ou sans cravate.
Cédrik Fouriscot a notamment mis en avant trois axes : améliorer les services consulaires, valoriser les talents français et faire du consulat un lieu accessible à la communauté. Une ambition qui paraît évidente sur le papier, mais qui suppose de concilier des attentes très différentes. Car à New York comme ailleurs, on peut vouloir conquérir l’Amérique tout en ayant besoin, très prosaïquement, de renouveler son passeport.
Un peu de Pyrénées au milieu des gratte-ciel
Derrière le diplomate, il y a aussi un homme affable et courtois originaire du Sud-Ouest, attaché à une région où les sommets sont moins rectilignes que ceux de Manhattan. Son parcours personnel mentionne notamment la pratique du football, du tennis, ainsi qu’un intérêt pour la littérature et la poésie. De quoi rappeler que les diplomates ne vivent pas exclusivement de notes verbales et de communiqués officiels.
New York, avec son énergie permanente, ses communautés multiples et ses contrastes, constitue certainement un terrain d’observation privilégié pour un homme habitué à naviguer entre différentes cultures.
Non au costume trois pièces et à la distance
À l’heure où les relations internationales se jouent autant dans les réseaux économiques et culturels que dans les salons officiels, le rôle d’un consul général évolue. Il ne lui suffit plus de représenter un pays. Il faut aussi créer des liens, rendre des services, faciliter les rencontres et donner de la visibilité à celles et ceux qui font vivre la présence française. Cédrik Fouriscot qui échange très souvent avec son ami Adrien Frier, Consul général à Los Angeles, dispose pour cela d’une expérience construite dans les institutions françaises et européennes. Reste son véritable défi avant de finir son séjour new-yorkais dans moins d’un an : continuer de transformer cette expérience en résultats concrets pour une communauté française aussi diverse qu’exigeante. En baskets toujours, avec ou sans cravate…
Crédits photo : MEAE


