Bourses : cash, crash et correction
La lecture des marchés mondiaux se fait ce vendredi autour de cinq grands facteurs : Wall Street, les marchés asiatiques, les places européennes, les taux d’intérêt et les matières premières.
États-Unis : Wall Street sous forte pression a connu une forte baisse hier jeudi.
L’indice S&P a perdu 4,36%, le Nasdaq 5,52% et le Dow Jones recule de -3,44%.
Plus de 3 200 milliards de dollars de capitalisation boursière ont ainsi été effacés.
Les grandes valeurs technologiques ont été particulièrement touchées :
- Nvidia : environ -9 %, AMD : environ -17 %, Micron : environ -17 %, SanDisk : environ -22 %.
Pourquoi ? Les investisseurs craignent un ralentissement des investissements dans l’intelligence artificielle et un durcissement de la réglementation américaine après les élections de mi-mandat gagnées largement par les démocrates.
Asie : une séance très négative
Vague de ventes majeures: au Japon, le Nikkei perd -6%, le Kospi en Corée chute entre -6 et -8%, à Taiwan, le TAIEX efface -4,6% et en Chine le marché de Shanghai perd 1%
Les fabricants de semi-conducteurs sont particulièrement pénalisés car la Corée du Sud et Taïwan sont très exposées à la chaîne mondiale de production des puces électroniques.
Europe : contagion de la baisse
Les marchés européens suivent la tendance américaine et asiatique avec le CAC 40 en France qui perd 1,2%, Londres et Berlin effaçant 1,5% chacune. Les investisseurs réduisent leur exposition aux actions, particulièrement aux entreprises sensibles aux perspectives de croissance et aux valorisations technologiques.
Pétrole, dollar et obligations
- Pétrole : le Brent rebondit vers 99 dollars le baril, dans un contexte de tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
- Dollar : affaiblissement face à plusieurs grandes devises.
- Obligations américaines : les investisseurs recherchent davantage la sécurité des emprunts d’État.
- Or : à surveiller comme valeur refuge, mais il faut distinguer les mouvements de prix confirmés des anticipations.
Ce qu’il faudra surveiller aujourd’hui depuis les USA
Trois éléments pourraient influencer les marchés :
- Emploi américain : les créations d’emplois en octobre atteignent 165 000, contre des attentes nettement inférieures. Le chômage est à 4,1 %. Cela peut influencer les décisions de la Réserve fédérale.
- Intelligence artificielle : les investisseurs cherchent à déterminer si la baisse des valeurs technologiques est une correction temporaire ou le début d’un changement structurel.
- Géopolitique : l’évolution du conflit au Moyen-Orient reste déterminante pour le pétrole et l’inflation.
Que retenir pour un investisseur ?
Que les Marchés sous tension et que la baisse actuelle révèle trois fragilités :
- Concentration technologique : les marchés sont devenus très dépendants des grandes entreprises de l’IA.
- Risque politique : les changements de politique américaine peuvent modifier les anticipations de croissance et de rentabilité.
- Nervosité des investisseurs : les prises de bénéfices et les ventes forcées peuvent amplifier les mouvements.
Il ne faut pas voir cette journée comme une preuve que le marché haussier est terminé. En revanche, la violence de la correction justifie davantage de prudence. A surveiller particulièrement :
- Le comportement du Nasdaq,
- La capacité du S&P 500 à se stabiliser,
- Nvidia et les fabricants de semi-conducteurs,
- Les taux obligataires américains,
- Le prix du pétrole.
Nous vivons, ce 6 novembre 2026 est une crise de confiance autour de l’intelligence artificielle, qui entraîne une correction mondiale des marchés actions. La question des prochains jours sera de savoir si les investisseurs profiteront de cette baisse pour revenir sur les grandes valeurs technologiques ou s’ils commencent à réévaluer durablement leurs perspectives de croissance.


