EXCLU – Le Petit Journal est cliniquement mort : « Burning Man m’a tuer… »
Alors que l’édition de San Francisco est moribonde, celle de Los Angeles avait démarré tambour battant, voici plus d’un an. Avec une quinzaine de collaborateurs, elle avait rapidement su convaincre plusieurs dizaines de milliers de lectrices et de lecteurs, affichant des records d’audience spectaculaires, tant sur le web qu’Instagram. Que s’est-il passé mi-septembre ? Les réponses « cash » de son directeur, Benoit Clair, en exclusivité pour LesNiouzes.com.
LesNiouzes.com : Qu’est ce qui a conduit à cet arrêt brutal de la publication ?
Benoit Clair : Un éditorial dans lequel je condamnais fermement des propos outranciers d’Anne-Lorraine Bahi, dans l’édition de San Francisco; elle y incriminait gratuitement et sans aucune preuve, les 3 morts de Burning Man, sous-entendant que le sexe, l’alcool et la drogue étaient responsables de leurs décès, alors que les autopsies n’avaient même pas débutées ! La déontologie journalistique foulée au pied et le non-respect de la mémoire des morts ont fait le reste. Hervé Heyraud, éditeur du journal à Paris a soutenu, non pas le lanceur d’alerte que j’étais mais… sa ballerine locale… C’est stupéfiant, mais c’est ainsi. Le Petit Journal s’est fourvoyé, je dirais même qu’il s’est foudroyé tout seul à Burning Man !
LesNiouzes.com : Quelles sont les conséquences de cet arrêt ?
Benoit Clair : Beaucoup d’argent perdu et surtout une équipe de 15 personnes brutalement mise au chômage, sans aucun respect de leur travail ni de la déontologie de notre profession. Je le dis ici très calmement mais aussi fermement : les méthodes de barbouzes employées par Hervé Heyraud sont totalement illégales, déontologiquement graves et commercialement déloyales. Pour tout cela, nous avons demandé la condamnation du journal au paiement de 450 000 $, (équivalent à 3 ans d’indemnites pour rupture abusive de contrat) et son placement en liquidation judiciaire ; la justice est saisie en France et elle tranchera dans les semaines ou les mois qui viennent. Mais un autre rendez-vous beaucoup plus grave arrive ici en Californie, puisque les proches d’une victime ont annoncé attaquer Anne-Lorraine Bahi et son protecteur parisien pour avoir offensé, sans preuves, la mémoire d’un mort et leur demandent 1,5 million de $ de dommages et intérêts. Les autopsies, comme je le pressentais, se sont révélées négatives. Le Petit Journal, lui, n’y survivra pas et son dirigeant en porte l’entière responsabilité !
LesNiouzes.com : Comment se dessine, selon vous, l’avenir de la presse francophone aux USA ?
Benoit Clair : Je constate d’abord que Le Petit Journal n’a pas su s’adapter aux changements. Premièrement, son modèle économique repose sur un mensonge que j’ai publiquement dénoncé : dans la réalité, seule une petite vingtaine d’éditions du petit journal sont réellement actives sur les 80 revendiquées dans le monde par Hervé Heyraud; ce n’est pas pareil, notamment pour les éditeurs et pour les annonceurs publicitaires qui sont ainsi floués depuis des années avec de faux chiffres d’audiences : on essaye de leur vendre une Ferrari qui roule (mal…) avec un moteur de 2CV ! De plus, l’obsolescence à la fois graphique et technique du titre est devenue évidente avec des pannes de diffusion à répétitions qui font naturellement fuir les lecteurs … Pour qui se projette dans le futur des médias online, ma réponse est nette : oui, il y a un vrai espace de liberté éditoriale à créer et vous, LesNiouzes.com (NDLR: bâties sur les décombres du petit journal avec sa rédaction d’origine) en êtes la preuve déjà bien vivante : un journal attrayant, bien rédigé par des professionnels bienveillants, respectueux de la déontologie. Votre quotidien à toute sa place dans le paysage francophone américain. Je salue cette initiative et j’invite toutes les lectrices et tous les lecteurs d’un petit journal moribond à vous rejoindre rapidement, la nature ayant horreur du vide. Je vous souhaite le meilleur car votre jeunesse, votre fraicheur et votre impertinence vont faire du bien ici par les temps qui courent…


