Pour les JO de Los Angeles 2028, le Club France se prépare à réunir athlètes, officiels et public sous la bannière tricolore à l’Annenberg Community Beach House de Santa Monica. Arnaud Courtier, directeur exécutif du Club France, explique pourquoi le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) a choisi ce lieu emblématique.
Par Agnès Chareton
À chaque édition des Jeux olympiques, c’est « The place to be » pour la France. Le Club France, c’est l’endroit où le public peut voir les compétitions sur grand écran, approcher les athlètes, faire la fête, et où se croisent délégations officielles, partenaires et médias. Pour les JO de Los Angeles, du 14 au 30 juillet 2028, le site retenu est l’Annenberg Community Beach House, au bord de l’océan Pacifique.
Le projet a franchi une étape administrative : une résolution de la ville de Santa Monica prévoit des dérogations pour permettre l’utilisation de l’Annenberg Beach House par le Comité olympique français pendant les Jeux. Le travail technique, budgétaire et organisationnel doit permettre de concrétiser l’ambition décrite par Arnaud Courtier lors de notre entretien.
« On avait envie d’offrir la carte postale de Los Angeles : l’océan, la plage, les palmiers »
Le choix de Santa Monica n’est pas le fruit du hasard. Lors de la phase de repérage entamée dès novembre 2024, les équipes du CNOSF ont visité « des dizaines de lieux à travers Los Angeles » avant de jeter leur dévolu sur l’Annenberg Community Beach House. L’objectif : trouver un site capable d’accueillir à la fois les athlètes français, le grand public, des artistes, les médias, les partenaires institutionnels et économiques… Alors que les sites de compétitions seront étalés dans toute la ville, pour faciliter l’arrivée des athlètes, cette « ambassade éphémère » devait se situer non loin du village olympique, à UCLA, et incarner l’image des Jeux.

« On avait envie d’offrir la carte postale qu’on a tous en tête quand on pense à Los Angeles : l’océan, la plage, les palmiers, le coucher de soleil », explique Arnaud Courtier. Avec ses parasols oranges, l’Annenberg Community Beach House a rapidement coché toutes les cases : trois bâtiments, de vastes espaces intérieurs et extérieurs, et un grand carré de plage pouvant accueillir une fan zone « les pieds dans le sable ». Autre élément clé : le site est public et opéré par la ville. « Cela correspond pleinement à nos valeurs d’accessibilité. Le Club France n’est pas un lieu élitiste ou privé, c’est un espace populaire, ouvert à tous, où l’on partage des émotions et où l’on fait la fête, pas seulement entre Français. »
Un Club France à taille humaine, loin du gigantisme de Paris 2024
Si le Club France de Paris 2024 a marqué les esprits par son ampleur – 720 000 visiteurs accueillis à La Villette, où le public pouvait s’initier à 130 sports différents -, le modèle de Los Angeles sera très différent. « Paris était exceptionnel, parce que nous étions à domicile. À LA, on se rapprochera davantage de ce que nous avons connu à Londres ou Rio », précise Arnaud Courtier, nommé à la tête du Club France en 2023. « On s’adapte aux spécificités de chaque pays, en repartant de zéro à chaque fois », affirme-t-il.
Le futur Club France de LA sera avant tout « la maison des athlètes », un lieu de célébration, de rencontres et de soft power. La capacité d’accueil n’est pas encore arrêtée, car elle dépendra des arbitrages à venir entre fan zone, espaces institutionnels, animations sportives et zones privées pour les partenaires. S’il est trop tôt pour parler du prix des billets, le Français redit la volonté du CNOSF de faire du Club France un lieu accessible pour le grand public, notamment pour ceux qui ne sont pas détenteurs de billets pour les compétitions.
Travailler avec des partenaires franco-californiens
Autre ambition forte : ancrer le Club France dans son territoire d’accueil. « Nous voulons un Club France franco-californien », insiste Arnaud Courtier. Bénévoles, prestataires, catering, logistique : le CNOSF souhaite travailler au maximum avec des acteurs locaux, français comme américains, en lien avec le Consulat général de France à Los Angeles, la Chambre de commerce franco-américaine et Business France. La communauté française de Los Angeles aura aussi son rôle à jouer, notamment via le bénévolat. Quant au 14 juillet, jour d’ouverture des Jeux, qui coïncide avec la fête nationale française, « on marquera le coup », promet-il.
Un modèle économique et organisationnel à construire
L’enjeu est de bâtir un modèle économique et organisationnel solide, en lien avec Santa Monica et les instances du CNOSF. « Nous travaillons avec de l’argent public. Chaque dollar doit être dépensé avec précaution. Nous voulons livrer une belle expérience, mais ne pas le faire en gaspillant de l’argent », insiste Arnaud Courtier. Même si l’opération n’est « pas un exercice bénéficiaire » et reste « un investissement dans la promotion de la France et du sport.»
A.C.
Crédit photo : Annenberg Community Beach House capture d’écran Instagram


