Les peintures de Thierry Lefort vous donnent envie de sauter dans votre voiture ou dans le premier avion et de venir vous balader dans les rues sinueuses de Los Angeles, de vous couler dans les ombres mauves, de vous arrêter près des longues palmes lorsque la lumière se pose dessus et de regarder haut, toujours plus haut, les couronnes des palmiers contre le bleu du ciel.
Par Martine Laing
Ce que recherche l’artiste pour ses inspirations sont des lieux ordinaires, loin du glamour de Sunset boulevard et d’Hollywood : une rue banale de la Valley, bordée de nature, avec peut-être une voiture garée quelque part. Il va y chercher une lumière intéressante, un contraste spécial, une émotion. Par exemple, un contraste dans les formes, un triangle et un carré qui s’imbriquent, au pied de palmiers immenses qui s’élèvent vers le ciel. Il aime les non-lieux où il peut poser sa vision et y chercher la beauté. Il va trouver plus de force dans la vue d’une rue simple et vide que dans celle d’un lieu touristique splendide, usé par les photos des touristes.
Dans cette ville de tous les rêves, le regard de Thierry sublime la réalité, il fouille chaque lieu jusqu’à en faire ressortir une beauté silencieuse et une énergie unique. Sa vision, son art ont fait un beau mariage avec Los Angeles, les deux se sont bien trouvés.
C’est presque une leçon pour chacun. On se prend à avoir envie, nous-mêmes, d’éduquer notre œil à tout magnifier autour de nous, à transformer tout ce qui n’est pas beauté pure et à retrouver ces moments suspendus dans le temps.
Thierry Lefort est partout et, à chaque étape, son succès le précède : à Los Angeles, où il a exposé au The Georgian, hôtel mythique face au Pacifique, puis à Paris où il parle de son nouveau livre écrit par Yoyo Maeght, qui sort, en français et en anglais, aux éditions La Martinière. À Aix également, où il est filmé en train de peindre une fresque monumentale pour un centre hospitalier ; sitôt fini, il s’envole pour Marrakech où il dirige une masterclass annuelle, puis on le retrouve à faire un vernissage dans un château de Bordeaux… Juste le temps de faire des pauses créatives dans son atelier au milieu des puces de Saint-Ouen pour peindre, car il n’a plus assez d’œuvres pour alimenter la demande des collectionneurs.
Lorsqu’on lui demande comment il explique ce succès étonnant, il répond qu’il faut être singulier, ne pas refaire ce qui a déjà été fait.
La découverte des toiles de Thierry Lefort a été pour moi un moment intense, car j’y ai vu immédiatement un écho à mon livre “DreamLAnd”, comme si les toiles et le texte entraient en résonance, pour montrer une ville où le rêve et la réalité se mêlent autour d’une nature qui bouillonne de partout, dans un printemps éternel.
“La beauté est dans les yeux de celui qui regarde”, disait Oscar Wilde. Dans les yeux de Thierry Lefort, nous découvrons un Los Angeles magique, à l’âme mystérieuse, autour de rues ordinaires qui baignent dans la lumière. Une œuvre qui a de l’envergure et de l’élégance et qui nous donne envie de ne plus voir que la beauté des choses.
M.L.


